Friday, April 23, 2010

La bête à deux dos

.Dans le cadre des spectacles "nomades", organisé par la Scène nationale de Cavaillon, en partenariat avec les communes et des communautés des communes, Yannick Jaulin et Angélique Clairand propose « La bête à deux dos »
Ce spectacle est une véritable médication qui mélange les nouvelles techniques de rencontres amoureuses : le love coaching avec les bases scientifiques de l'éthologie (science qui vise à étudier le comportement animal et humain).
Angélique Clairand est seule en scène pour faire vivre cette performance, enfin presque seule.
Découvrir l'animalité qui est
en chacun de nous
Dans un marathon amoureux drôle et tonique, cette "cochère de l'amour" déploie une énergie impressionnante et met en pratique un coaching qui l'est tout autant.
La bête à deux dos a donc pour vocation la découverte ludique de l'animalité qui est en chacun de nous.
Ce spectacle se déroulera le mardi 27 avril à 20h30 à l'espace jardin de Madame dès 20h30. Ce spectacle aura lieu également le mercredi 28 avril à 20h30 à Joucas au Centre culturel, le jeudi 29 avril, 20h30, à Mérindol,
salle des fêtes et le vendredi 30 avril, 20h30 à Châteauneuf-de-Gardage à L'Arbousier

Thursday, April 22, 2010

La réponse de l'oiseau

http://bellesplumes.blogs.courrierinternational.com/archive/2010/04/25/la-reponse-de-l-oiseau.html

Je viens de mettre un point final à un texte de 120 pages dont je ne sais si un jour il deviendra un livre. Du coup j'ai pu aborder sereinement la lecture de Les jouets vivants de Jean-Yves Cendrey paru en 2005 que je n'avais pas eu jusqu'alors la force d'affronter alors que l'envie et le désir de le faire étaient là.
Le père en prend un coup dans ce livre - tous les pères - c'est certain. Un texte puissant et libérateur, presque enivré de sa propre violence... Outre ses indéniables qualités littéraires, dans une première partie, Lettre au père, il tord le cou à la mièvrerie des relations aux parents qui, comme les autres, ne sont pas données d'avance, à l'origine, mais sont pour tout un chacun à construire - et, s'il le faut, à détruire pour pouvoir exister.
A comparer le père de Cendrey au mien, ce dernier ne m'apparaît plus comme ayant fait figure de monstre (à présent tranquille compagnon) mais seulement comme un faible patriarche perdu dans sa violence et ses certitudes faute d'avoir été aimé en temps et en heure. A l'heure de sa propre construction.
Par cet écrit, La réponse de l'oiseau, commencé en 2004 mais entrepris il y a bien plus longtemps, il m'a semblé une fois pour toutes mettre un terme au dialogue impossible, toujours différé, souhaité et redouté à la fois, avec chacun de mes parents, l'une morte depuis une dizaine d'années, l'autre encore bien vivant et avec lequel la communication - tant attendue - serait peut-être encore possible. J'y ai renoncé.
C'est pourtant un texte sur l'animal (quand je le présente à des philosophes je dis sur l'animalité, ça fait plus chic). Comment par ce biais, ce détour où l'humain se doit de s'effacer ou pour le moins se faire plus discret, m'a-t-il été possible de régler mes comptes avec mes parents, je ne me l'explique pas. Comment sous forme d'hommage flou à ma mère qui n'est plus et de reproche sans mots à un père toujours là (à qui je sais gré de ne plus m'envahir par sa tyrannie - ou même le souvenir de sa tyrannie! - silencieuse et domestique) je me libère enfin? Cela m'aura pris plus de trente ans, en accéléré les dix dernières années cependant.
Je n'aurai pas à écrire un livre sur mon père, les autres le font beaucoup mieux que moi. Un autre en tout cas l'a fait beaucoup mieux que moi.
Les jouets vivants "Je me redresse et m'éloigne, sans accablement, juste impressionné d'avoir expérimenté à quel point le figure de mon père n'opère plus, même dans une circonstance littérairement stimulante. Les seules observations que je suis à même de me faire sont d'ordre professionnel. Les éclats dont j'ai voulu marquer la matière écrite afin de la caractériser me sont apparus comme autant d'ébréchures prosaïques. J'écris différemment d'il y a quinze ou vingt ans, mais pas mieux, au sens où je m'abstiendrais de faire l'enfant devant une soupe à l'alphabet dont j'asperge les murs par crainte, par peur, angoisse d'apparaître assagi." p.52

Wednesday, April 14, 2010

Nénette, de Nicolas Philibert



Je m'étais demandée si le réalisateur remettait en cause la captivité de Nénette...
J'ai trouvé sa position très intéressante en écoutant cet entretien sur France Culture.

En attendant de voir le film...

Tuesday, April 13, 2010

Entretien avec Elisabeth de Fontenay

Sur le site Psychologies


Elisabeth de Fontenay


Psychologies : D’où vous vient cet amour des bêtes ?


Élisabeth de Fontenay : De ma famille. Dans mon enfance, l’amour des animaux n’allait pas de soi. En classe, j’étais la seule dont la famille avait un chien. Ma mère était membre de la SPA, dont nous recevions le bulletin à la maison. Mon père chassait tous les week-ends. Il avait un grand sens de la nature, de la vie avec les bêtes. Et puis, il y avait l’amour des chevaux… Mon grand-père, que je n’ai pas connu, était offi cier de cavalerie. Très tôt, j’ai eu envie d’apprendre à monter à cheval, un désir que mes parents m’ont permis de réaliser, et, là encore, ce n’était pas courant. J’ai même chassé à courre à deux reprises, un souvenir enivrant qui, aujourd’hui, me fait honte. Mon premier regard sur les animaux est rempli de joie et de vie. La prise de conscience de leur souffrance est venue plus tard.


Comment vous êtes-vous intéressée, philosophiquement, à la cause animale ?



É.F. : Probablement parce que je ne me considérais pas comme une « grande philosophe », je me suis toujours intéressée à des questions aux limites de la philosophie, sur lesquelles elle bute. C’est le cas de l’animalité. Mes deux thèmes majeurs de réflexion sont la question juive et les animaux. Cette association peut paraître choquante, mais c’est la vérité de mon cheminement intellectuel. De plus, après 1945, de très nombreux auteurs juifs – Max Horkheimer, Theodor Adorno, Primo Levi, Isaac Bashevis Singer, Romain Gary et bien d’autres encore – ont eux-mêmes été littéralement obsédés par la condition animale. Ils ont laissé entendre que le sort des bêtes pouvait parfois ressembler au leur – et inversement. Eux, eux seuls, avaient le droit de le dire, ils avaient suffisamment souffert dans leur chair de la cruauté, de la perversité d’autres hommes…


La philosophie classique nous parle quand même des animaux…



É.F. : Oui, les philosophes ont tous abordé le thème de l’animalité, mais toujours en opposant l’animal à l’homme, en soulignant ses manques : il n’a pas d’âme, de raison, de regard, de visage, de conscience de la mort. Il n’a pas, il n’est pas… C’est cette espèce de face-à-face vaniteux et stérile que j’interroge dans Le Silence des bêtes. Heureusement, il y a eu des exceptions : Montaigne, qui estimait la cruauté envers les bêtes dangereuse pour l’homme lui-même ; Rousseau, également convaincu que nous avons un devoir d’humanité envers elles… Ce n’est pas un hasard si l’un et l’autre lisaient Plutarque. Pour ce penseur grec, les animaux qui nous ont rendu service – le vieux cheval qui nous a porté, le boeuf qui a labouré notre champ – ne doivent pas être abattus une fois devenus vieux. Le polythéisme gréco-romain, avec ses dieux qui prennent volontiers une forme animale, a su accorder une place aux bêtes. Le monothéisme, en revanche, ne les a jamais reconnues et protégées. Même si plusieurs prescriptions bibliques exigent le respect de l’animal qui vit avec nous. En particulier l’interdiction de faire travailler une bête le jour du shabbat ou d’atteler ensemble un animal fort et un animal faible.



Pourquoi parle-t-on autant de la cause animale, d’un droit pour les animaux, aujourd’hui ?


É.F. : Nous assistons actuellement à une « judiciarisation » extrême de la société. Pour ne prendre qu’un exemple, nous en sommes venus à parler du « droit à l’enfant » pour les couples qui ne peuvent en avoir. L’aspect positif de cette situation, que je trouve parfois un peu inquiétante, est que les animaux bénéficient de ce grand mouvement. Je pense en effet que les maltraitances doivent être sévèrement sanctionnées, que les lieux d’élevage et les abattoirs doivent être surveillés, soumis à une législation très stricte. D’autant qu’avec l’industrialisation les méthodes d’élevage et d’abattage sont devenues parfaitement intolérables. Quelle est la vie d’un veau, d’un cochon, d’une volaille, d’un êtrevivant élevé dans ces conditions ?


Ne pensez-vous pas que la préoccupation pour la cause animale est aussi liée à l’intérêt actuel pour la nature, l’écologie ?



É.F. : Il me semble extrêmement important, philosophiquement et politiquement, de ne pas confondre protection de la nature et défense des animaux. Un mouvement pour les droits des animaux n’est pas forcément écologiste, et inversement. Pour moi, les deux démarches sont différentes. Les animaux ne sont pas assimilables à des arbres. Ils ont des mondes à eux. Les mammifères sont, comme nous, touchés par « la terrible césure de l’acte de naissance », pour reprendre une expression de Freud. Actuellement, le droit ne protège que les animaux domestiques – qui ont des maîtres.



Comment peut-il venir en aide aux animaux sauvages ? Et aux insectes, grands oubliés de la protection animale ?


É.F. : Il serait possible de protéger les animaux sauvages au titre de patrimoine de l’humanité. C’est une situation qui leur off rirait un statut plus intéressant que celui dont ils bénéfi cient en étant enfermés dans des réserves, et surtout dans des parcs zoologiques. La question du statut juridique de l’animal, de sa défi nition, « qu’est-ce qu’un animal ? », doit faire l’objetd ’une réflexion parallèle à celle qui a été mise enplace autour du droit à l’avortement – « qu’estce qu’un embryon? Qu’est-ce qu’un foetus ? Un individu en puissance ? ». C’est une question politique !
Il est clair, selon moi, que nous devons protéger les animaux au même titre que le droit protège les humains incapables de consentement, les enfants, les malades. Il ne s’agit pas de donner aux grands singes des droits en tout point identiques aux nôtres, comme le veulent certains. Les hommes sont cousins des primates, mais ils ont tellement évolué qu’une différence abyssale les sépare. Il est vrai que nous nous intéressons surtout aux animaux les plus proches de nous : les mammifères, et plus largement les vertébrés. Pourtant, récemment, nous avons pris conscience de l’utilité des abeilles. Et nous sommes aussi touchés par le spectacle d’un papillon qui se meurt. Quant au droit des moustiques et des vers de terre…


Gandhi lui-même admettait qu’exister – respirer, boire, manger, bouger – entraîne nécessairement la destruction de certaines formes de vie : la mouche qui tombe dans le verre de bière, la chenille écrasée par mégarde… Mais la cause animale se heurte aussi à la force du préjugé : défendre les bêtes serait bébête, enfantin.



É.F. : Dans Sans offenser le genre humain, je m’efforce justement de montrer qu’il n’existe aucune contradiction entre l’humanisme et le soutien de la cause animale. Et il ne faudrait quand même pas oublier que défendre les animaux fait partie de la tradition progressiste. Michelet, Hugo, Jaurès réclamaient déjà un droit pour eux. Au nom de la république et de la démocratie. Il se trouvera toujours des gens pour clamer qu’il est honteux de se soucier des bêtes alors que tant d’hommes souff rent, meurent de faim, dorment dans la rue, et qu’il faut impérativement se préoccuper d’abord de ces malheureux. Mais n’est-ce pas un peu facile ? Laissons chacun s’investir dans les causes qui le touchent et faire le bien comme il l’entend. La pitié, l’émotion ne se commandent pas. Rien ne dit du reste que celui qui, aujourd’hui, s’investit totalement dans la cause animale ne sera pas, demain, entièrement mobilisé au service des hommes.


Est-il légitime d’affirmer que les humains sont coupables de génocide quand ils massacrent les baleines, exterminent des espèces entières ?



É.F. : Que l’homme s’arroge le droit d’exterminer des milliers d’animaux, des espèces entières, est effroyable. Mais, même si le mot « génocide » n’est pas inadéquat pour désigner ces massacres, il me semble que l’utiliser tient de la provocation. Il est inutile d’aller aussi loin pour faire entendre la barbarie de la chasse à la baleine et des tueries de phoques. Il reste que les humains sont de grands prédateurs. Il suffit de penser à ces troupeaux systématiquement abattus au moment de la « crise de la vache folle ». À ces oiseaux, ces poulets brûlés vifs quand la grippe aviaire a fait son apparition. Pour éviter la contagion… au nom d’un principe de précaution devenu pure folie meurtrière. Nous tuons des bêtes pour les manger, nous tuons des bêtes pour éviter de les manger. Quel destin cruel, absurde que le leur ! Heureusement, nous réussissons tout de même à protéger quelques espèces.

Monday, April 12, 2010

Grandville, de Bryan Talbot


(article des Inrocks)
Vétéran de la bande dessinée underground britannique, Bryan Talbot est moins connu en France que son contemporain Alan Moore. Pourtant récompensée d’un Eisner Award (pour L’Histoire d’un vilain rat), son oeuvre demeure peu traduite, et c’est donc un plaisir rare qu’offrent les éditions Milady en publiant Grandville, son dernier album en date.

Récit anthropomorphique, Grandville se déroule dans un Paris de la Belle Epoque peuplé d’animaux, de machines volantes et de robots, où les rares humains sont ravalés au rang de domestiques. Alors que la tension est vive entre la France de Napoléon XII et l’Angleterre, pays mineur depuis sa défaite militaire deux cents ans auparavant, l’inspecteur LeBrock, de Scotland Yard, enquête sur la mort d’un diplomate anglais. Flanqué d’un inséparable acolyte, il se retrouve alors sur les traces d’une dangereuse société secrète, les Chevaliers de Lyon, et tente de démêler une mystérieuse conspiration.

Thriller, uchronie et BD animalière… Bryan Talbot jongle avec les genres, créant une aventure bouillonnante. Complots, fausses pistes, chausse-trappes et meurtres se succèdent à un rythme effréné, dans une ambiance steampunk au dessin exubérant et énergique. Talbot représente la violence avec outrance, couleurs et mouvements. Il enchaîne bagarres, explosions et scènes de torture que ne renierait pas Jack Bauer. L’anthropomorphisme aide alors à dédramatiser cette brutalité, même si ses animaux, durs et sans pitié, sont tout sauf d’adorables lolcats.

Un Premier ministre d'extrême-droite nommé Jean-Marie Lapin

Talbot insère dans son histoire de nombreuses allusions à la réalité, construisant un univers dense, aux multiples niveaux de lecture. La destruction de la “tour Robida” par un dirigeable rappelle le 11 Septembre, et l’utilisation de cet attentat par le gouvernement, la “guerre contre la terreur” américaine. Il y a aussi des références à la politique française, avec un Premier ministre d’extrême droite dénommé Jean-Marie Lapin, tandis que quelques piques rappellent les relations ambiguës qu’ont toujours entretenues la France et l’Angleterre.

Mais cette histoire politico-policière ne se prend jamais au sérieux. Pas avare de clins d’oeil et d’humour, Talbot parsème son récit d’innombrables références à la culture française et à la BD. Les humains (représentés par Bécassine et un groom qui ressemble étrangement à Spirou) sont “une espèce de chimpanzés glabres qui a évolué dans la ville d’Angoulême”. On aperçoit l’enseigne de la chaîne de librairies Album ou une affiche pour un spectacle de la chatte Omaha, l’héroïne sexy de Reed Waller. Un terrier nommé Snowy Milou, devenu un pathétique junkie, rêve du Lotus bleu.

Célébrant le dessin anthropomorphique (l’ours Rupert, Beatrix Potter…), Talbot rend aussi un hommage appuyé à l’art français du XIXe siècle (David, Delacroix, Manet, Robida… et bien sûr Grandville, illustrateur du recueil satirique Scènes de la vie privée et publique des animaux). En attendant la suite, prévue pour la fin de l’année, on se replongera de multiples fois dans ce premier volume de Grandville pour tenter d’en déceler toutes les malices.

Friday, April 9, 2010

Des animaux pour sauver le monde

Vu sur Rue 89





Ce principe m'a fait penser à un livre que j'ai beaucoup aimé, Professeur cherche élève ayant désir de sauver le monde.

Je l'avais découvert pendant que je faisais du unschooling...

Un article ici